PLATE-FORME
D’OBSERVATION
DES PROJETS
DE STRATÉGIES URBAINES

Les zones inondables
dans la ville :
renouvellement des approches urbaines
et des projets architecturaux

  • Marseille, vue à vol d'oiseau du projet d'Extension / LABTOP pour le groupement François Leclercq - Architectes urbanistes

  • Stratégie d'aménagement du môle sud dans le Zollhafen / Zollhafen GmbH Mainz

  • Marseille, le parc de Bougainville / LABTOP pour le groupement François Leclercq - Architectes urbanistes

  • Hambourg, la Hafencity, ave la philarmonie de l'Elbe en construction (Herzog & de Meuron)

  • Dordrecht

  • Dunkerque, l'assèchement des Moëres / AGUR

  • le site historique de Lyon à la confluence du Rhône et de la Saône / agence d'urbanisme de Lyon / 2007

  • Les quais en brique de Saget, XVIIIe siècle / Photo Grand Toulouse

  • Marseille, le parc amortisseur de crues / François Leclercq - Architectes urbanistes

  • Marseille, la place de la Cabucelle au nord du parc / LABTOP pour le groupement François Leclercq - Architectes urbanistes

  • Hambourg, HafenCity, janvier 2014 / photo : Fotofrizz, ilus. : Michael Korol, source : HafenCity Hambourg GmbH

En 2013, la plateforme POPSU Europe lance un nouveau cycle de séminaires qui porteront sur le renouvellement des approches urbaines et des projets architecturaux dans les villes européennes, face aux risques et inondations.

Les villes se sont traditionnellement installées le long des fleuves puis au fil du temps avec l’abandon du commerce fluvial, les villes ont délaissé ce lien avec le fleuve. Aujourd’hui, on observe de nombreux projets cherchant à articuler la ville aux berges des cours d'eau, au fleuve, aux littoraux maritimes. Ces espaces permettent le développement de nouveaux usages, tout en suscitant des modes de gestion du risque. Le risque varie selon les époques et diffère d’un pays à l’autre compte tenu des ressources disponibles, de la démographie et des technologies existantes et de ressources humaines. Celles-ci, dans leurs diversités, peuvent se réduire à trois types d’attitudes: se protéger au mieux des flux d’eau, développer des aires de rétention en amont des zones habitées et élaborer des techniques efficaces d’évacuation. Dans ce contexte, les Pays-Bas ont acquis une renommée de leader dans la gestion des risques. Après des décennies de grands travaux, afin de protéger le territoire des inondations, ils expérimentent depuis quelques années de nouvelles stratégies allouant la présence de l'eau sur la terre : il s’agit aujourd’hui d’accepter l’eau plutôt que de la repousser, de la conserver même sur place, et de concevoir des dispositifs urbains, architecturaux et paysagers qui l’intègre à l’aménagement urbain. Sur la scène européenne, de nombreuses autres initiatives tentent de mettre en place des dispositifs d’application allouant la présence maîtrisée de l’eau sur le territoire. Par ailleurs, on observe l’émergence de projets urbains et architecturaux, de nouvelles formes d’actions déterminées par le risque naturel et climatique de la gestion des eaux sur ces territoires.

Néanmoins, entre le changement climatique, la pression démographique et urbaine et le souci d'une mise en valeur récréative et environnementale des zones inondables, les injonctions contradictoires ne manquent pas. Cette situation entraîne l'ouverture de débats et de controverses sur l'acceptabilité de la construction face aux risques. L'urbanisation des zones humides constitue un axe de réflexion complexe, entre plans de prévention des risques s'inscrivant dans un objectif de protection des biens et des personnes et développement urbain et paysager durable. Une première étude de l’état de l’art indique que l’acceptation de l’eau sur le territoire a favorisé l’innovation pour une meilleure gestion des ressources liées à l’eau, une optimisation des stratégies fonctionnelles et temporelles d’aménagement du territoire, une amélioration des dispositifs architecturaux et techniques résistants à l’eau, et le développement d’une vision positive de transformation des paysages avec l’eau.

Face à l’évolution des réflexions et des modes de faire, la cinquième édition du programme POPSU Europe a pour objectif d’identifier comment les villes européennes gèrent-elles des projets en zones inondables. Pour réduire la vulnérabilité, doivent-elles limiter les espaces bâtis ou penser autrement l'organisation et l'usage de ces espaces ? Entre normes et réglementation, adaptabilité et réversibilité, recherche et innovation, comment les projets architecturaux et urbains se structurent-ils et comment aident-ils à reconfigurer la ville dans une perspective d’un développement durable ? Quels projets architecturaux, avec quels systèmes constructifs et quelles techniques dans les zones inondables ? Quelles recompositions paysagères et architecturales peuvent aider à gérer les risques d'inondation en réconciliant les impératifs environnementaux et de développement durable ? Quelles nouvelles stratégies permettent de penser la conception urbaine ?

Axes thématiques

L’articulation entre les zones inondables et la ville soulève un certain nombre de questions qui invitent à repenser les liens, à développer des approches transversales qui dépassent les oppositions et les cloisonnements des politiques sectorielles pour travailler les complémentarités. Ces grandes questions peuvent être regroupées selon quatre axes thématiques, qui eux-mêmes se déclinent en sous-thèmes :

1. Comment le risque de l’inondation est-il intégré dans les processus de conception de projet  urbain ? 

Comment la question du risque d'inondation est-elle posée et perçue dans les villes, quelles sont les évolutions observées et les modèles dominants ? Quelles sont les procédures ? Quels sont les éléments de blocage ? Les modes de gestion dans plusieurs villes européennes permettront de saisir les différentes politiques de prévention des risques liés aux inondations, ainsi que les représentations et les demandes sociales qui leur sont associées. Les modes d’action de l’ingénierie publique et les enjeux de partenariat entre les secteurs publics et privés pourront également être étudiés à travers une meilleure compréhension des processus de décision dans les villes partenaires et la façon dont elles s'appuient sur la participation des habitants.

2. Comment les villes renforcent-elles leur lien avec l’eau et quelles stratégies mettent-elles en œuvre pour développer de nouveaux espaces architecturaux et urbains ?

Quelle attitude les villes adoptent-elles face à la menace de l’eau et comment font-elles pour l’intégrer dans leur espace public ? Comment les villes font-elles pour (re)conquérir leurs berges ? Longtemps délaissées, pourquoi observe-t-on aujourd’hui un nouveau retournement des villes vers leurs berges ? L’étude des aménagements paysagers, des usages qu’ils favorisent, et des nouvelles occupations des sols qui en découlent, interrogera la façon dont les villes gèrent ces espaces, mais aussi les temporalités qui découlent d’une meilleure prise en compte des aléas dus aux inondations.

3. Quelles innovations conceptuelles et programmatiques répondent aux risques de l’inondation des projets architecturaux et urbains?

Les risques liés aux inondations engendrent des visions contradictoires et controversées entre maintien d’un site naturel et aménagement du territoire. On observe d’un coté, une vision environnementaliste qui permet un développement de la biodiversité, le développement de corridors végétaux à l’intérieur des trames vertes, bleues et marrons ou la mise en gestion différentiée des espaces verts,… D’un autre côté, l’aménagement de ces territoires par l’intervention bâtie. Entre projets durables à « haute performance environnementale » et réduction de la vulnérabilité des territoires, quelles méthodes et quelles démarches sont mises en œuvre pour concevoir des projets architecturaux, paysagers et urbains plus intégrés ? Quelles interventions sont proposées pour limiter le risque face à l'aléa et avec quels résultats ? Quels choix programmatiques, innovations architecturales, paysagères et urbaines sont-ils mis en œuvre ? Ces territoires peuvent-ils être aussi envisagés comment des espaces permettant le développement de la biodiversité en ville ? Dans cette perspective, comment les zones inondables transforment le paysage en milieu urbain ?  

4. Quelles innovations techniques et constructives répondent aux risques de l’inondation des projets architecturaux ?

La gestion du risque liée à l’inondation, permet l’émergence de nouvelles innovations dans la conception et les techniques constructives en zones inondables. On observe aujourd’hui, le développement d’architectures déployant de nouveaux systèmes constructifs en zones portuaires, le long des fleuves et dans les milieux humides. Se développe également une architecture sur l’eau, voire flottante répondant à de nouvelles demandes sociales. Quels sont ces nouveaux équipements et nouvelles formes d’habitations proposant d’autres usages et modes de vie en lien avec l’eau ? Quelles innovations fonctionnelles et techniques sont mises en œuvre pour de développer de nouveaux modes d'habiter et d'occupation des sols ? Quels outils techniques et réglementaires pour les concevoir ? Quelles innovations et quelles évolutions peut-on espérer dans la réalisation de ces projets ? 

9 villes etudiees
  • Dordrecht
  • Dunkerque
  • Hambourg
  • Lyon
  • Marseille
  • Mayence
  • Nîmes
  • Rotterdam
  • Toulouse

Equipe

Direction de la plate-forme Popsu
Virginie Bathellier

Direction scientifique du programme
Jean-Jacques Terrin, responsable scientifique
Jean-Baptiste Marie, secrétaire scientifique

Chercheurs et professionnels du programme POPSU Europe « Des jardins dans la métropole »
Nicolas Gilsoul, architecte, professeur à l'ENSP Versailles
Gilles Hubert, professeur à l'Université de Paris Est Marne-la-Vallée
Christian Piel, urbaniste hydrologue, composante urbaine
Henri Bava, paysagiste, agence Ter

Cycle de seminaires

  • Actes du séminaire qui s'est tenu à Marseille les 21 et 22 novembre 2013 durant lequel ont été comparées les situations de Hambourg, Marseille, Mayence, Nîmes, Toulouse. 

  • Actes du séminaire qui s'est tenu à Rotterdam et Amsterdam les 10 et 11 mars 2014 durant lequel ont été comparées les situations d'Amsterdam, Dunkerque, Lyon et Rotterdam.

  • Le "Quatre pages" du PUCA issu des séminaires qui se sont déroulés de l'automne 2013 au printemps 2014 et intitulé: "Villes et inondations: prévention, adaptation et résilience."

Publications

Villes inondables. Prévention, adaptation, résilience

Sous la direction de Jean-Jacques Terrin Ed. Parenthèses, 2014, bilingue français-anglais Les villes européennes, souvent installées le long de fleuves ou sur des rivages maritimes, s’inquiètent de leur vulnérabilité aux inondations, un risque accru aujourd’hui par les dérèglements climatiques, la pression démographique et la compétitivité urbaine. La mise en valeur récréative et environnementale de ces rives par des projets urbains, en cherchant à mieux articuler la ville avec la présence de l’eau, entraîne des débats sur l’acceptabilité de ces aménagements potentiellement inondables. Entre prise en compte du risque et attractivité, de nouvelles stratégies innovantes voient le jour qui, tout en renforçant les techniques de prévention traditionnelles, proposent des dispositifs urbains et des modes de vie mieux adaptés à la présence de l’eau sur le territoire. Les exemples étudiés dans cet ouvrage, que ce soit à Rotterdam ou Dordrecht aux Pays-Bas, Hambourg ou Mayence en Allemagne, Dunkerque, Lyon, Marseille ou Toulouse en France, tout comme le regard de certains experts sur des cas plus lointains, témoignent de cette ambivalence. Ils montrent une forte capacité d’innovation de la part de ces villes pour gérer les ressources liées à l’eau, optimiser des stratégies fonctionnelles et temporelles d’aménagement du territoire, imaginer des dispositifs architecturaux et techniques résistants à l’eau, et mettre en valeur ces nouveaux paysages. Textes de : Jean-Jacques Terrin, Nicolas Bauduceau, Gilles Brocard, Magali Chaptal, Xavier Chelkowski, Franck Geling, Berry Gersonius, Nicolas Gilsoul, Gilles Hubert, Ellen Kelder, Anne Loes Nillesen, Jean-Baptiste Marie, Nathalie Metivier, Sylvie Mounis, Anne Péré, Christian Piel, Olivier Pillonel, Élodie Renouf, Damien Saulnier, Annick Tual, Peter Van Veelen, Heinrich Webler.