Dijon Métropole, intégrant 23 communes et habitée par plus de 250 000 habitants, a l’ambition de devenir une métropole « intelligente », par l’introduction du numérique dans la production et la gestion urbaine, et une métropole durable, à même d’accompagner la transition écologique. Il s’agit d’évaluer si ces objectifs peuvent s’articuler, en interrogeant la capacité des données numériques à améliorer le fonctionnement urbain, les conditions de maîtrise de ces données par les collectivités territoriales et les possibilités d’appropriation des innovations techniques par les habitants.

La construction participative d’une plateforme d’expérimentation environnementale
Afin d’évaluer les complémentarités entre les données produites par la ville « intelligente » et les politiques publiques incitant à la durabilité, la recherche vise à construire un observatoire environnemental nourri par un réseau de capteurs permettant de cartographier en temps réel et à une échelle fine les températures, l’humidité ainsi que la qualité de l’air dans Dijon Métropole. Il est prévu d’engager les élus, la population et des associations dans la conception et la réalisation de cet observatoire, de façon notamment à favoriser l’accès aux données produites, leur appropriation par le grand public et leur capacité de transformation des politiques publiques. Parallèlement, la recherche vise à évaluer la connaissance qu’ont les habitants de la métropole dijonnaise de leurs droits sur les données produites par les dispositifs urbains « intelligents », aussi bien du point de vue de leur collecte que de leur utilisation.

Îlots de chaleur urbains, qualité de l’air et mobilités
Les données rassemblées au sein de l’observatoire environnemental permettent d’observer non seulement la répartition dans l’espace métropolitain de différents phénomènes liés au changement climatique et aux activités carbonées, mais aussi d’en questionner les effets sur les pratiques et les représentations des habitants. Dans le contexte du développement des canicules et des vagues de chaleur, il s’agit d’abord d’identifier les îlots de chaleur urbains dans la métropole dijonnaise et d’envisager des pistes d’évolution de l’aménagement des zones concernées. Il s’agit ensuite de parvenir à une meilleure connaissance des évolutions des déplacements quotidiens au sein de la métropole. Cela permet, d’une part, de savoir si de nouveaux modes de déplacements améliorent la qualité de l’air et, d’autre part, d’évaluer les effets de ces différents facteurs (îlot de chaleur, qualité de l’air et mobilités) sur les dynamiques des prix immobiliers. Ces travaux visent à développer des approches intégrées des politiques environnementales et de leurs effets, particulièrement sur les populations les plus vulnérables.

Les habitants de la métropole « intelligente »
Les habitants de Dijon Métropole et des collectivités territoriales mitoyennes expriment sur les réseaux sociaux numériques leurs représentations du territoire métropolitain et leurs pratiques de ses aménités. L’exploitation de ces données massives peut-elle permettre de mieux comprendre les rapports des citoyens au territoire et aux institutions de Dijon Métropole ? Une attention particulière est portée aux différences entre les représentations des habitants des quartiers centraux, des communes périurbaines et rurales et des territoires périmétropolitains, de façon à savoir si le sentiment d’appartenance à la métropole varie selon un gradient centre-périphérie.

Thèmes : Modes de vie et pratiques habitantes / Numérique / Mobilités /  Changement climatique et transition énergétique / Santé et solidarités

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