Les quatre-vingt-dix communes de la Métropole Européenne de Lille hébergent plus de 1,1 million d’habitants et de multiples centralités. Engagées de longue date dans des démarches de coopération, elles sont amenées, avec la constitution de la région Hauts-de-France, avec également l’accentuation de problématiques environnementales, à se pencher à nouveau sur les modalités de leurs échanges, au sein de la métropole autant qu’avec les villes proches, les villes belges de l’Eurométropole, Bruxelles et au-delà. Il s’agit d’interroger la possible constitution d’un modèle de métropole en réseau, pouvant créer des complémentarités entre centralités à une large échelle.

Le métabolisme urbain lillois

Les métropoles nécessitent, pour satisfaire aux besoins de leurs habitants, des échanges d’énergie et de matières, dont la gestion implique des coopérations avec d’autres territoires. Ceux-ci peuvent en effet produire ou stocker les ressources nécessaires aux métropoles (appelés intrants), être traversés par des flux de ressources ou encore être concernés par la gestion des déchets au sens large (ou extrants). Il s’agit d’observer la circulation de ces flux, mais aussi l’organisation des collaborations institutionnelles autour de leur gestion. L’analyse du métabolisme de la Métropole Européenne de Lille et de ses territoires voisins se centre notamment sur la ressource en eau : sa qualité, les modalités de partage des nappes phréatiques à l’échelle de la région transfrontalière, de gestion des eaux usées ou encore de valorisation et de protection des espaces humides et des champs captants. Ces réflexions sont menées dans le contexte plus général de l’analyse de la prise de la compétence « Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations » (GEMAPI) par la métropole et dans le contexte du grand projet transfrontalier de « l’Espace bleu », porté par l'Eurométropole.

Les coopérations économiques dans l’aire d’influence métropolitaine

En matière de développement économique, les logiques de concentration et de compétition continuent à primer dans l’aire métropolitaine lilloise, à la fois entre les centralités métropolitaines et avec les villes moyennes proches. Il s’agit d’étudier comment ces logiques peuvent être dépassées, de façon à construire un intérêt commun à coopérer et pour structurer une métropole en réseau « productive », dont l’attractivité bénéficie à toute la région. Pour ce faire, il est proposé de confronter les stratégies de certaines collectivités territoriales visant à promouvoir les tiers-lieux productifs et les stratégies de localisation des acteurs de l’économie collaborative. L’observation des modalités de mise en place d’une gestion plus concertée de la ressource foncière pour les activités économiques et commerciales vient compléter l’analyse, en particulier dans le contexte transfrontalier : la proximité des zones d’activités wallonnes et l’attractivité de celles flamandes incitent à la recherche de complémentarités.

Des partenariats jusqu’au-delà des frontières nationales

L’étude des coopérations de la Métropole Européenne de Lille implique d’observer aussi bien les rapports entre les communes faisant partie de la métropole, ceux avec les villes moyennes proches (notamment dans le territoire du bassin minier), mais aussi les échanges transfrontaliers avec la Belgique. Il s’agit d’une part d’analyser l’évolution historique de ces relations, notamment pour rendre compte des conditions politiques de leur instauration et de leurs apports effectifs aux territoires. D’autre part, une attention particulière est portée aux outils institutionnels et techniques de maîtrise d’ouvrage et aux dispositifs spécifiques mobilisés pour mettre en place, pérenniser et rendre opératoires ces coopérations. Les mêmes questions concernent les relations transfrontalières, elles aussi dépendantes de conditions politiques, institutionnelles et techniques, et qui impliquent, en plus des collectivités territoriales, les États français et belge.

Thèmes :  Paysages et biodiversité / Gouvernance métropolitaine / Coopérations interterritoriales / Relations transfrontalières / Mutations des économies

Elus

Damien Castelain
Président de la Métropole Européenne de Lille, Maire de Péronne-en-Mélantois

professionnels

Simon Jodogne
Directeur Euro-métropole et partenariats européens, Métropole Européenne de Lille
Yannick Bolognini
Directeur général adjoint Aménagement et habitat, Métropole Européenne de Lille
Laura Cantaloube
Cheffe de projet Développement territorial, Métropole Européenne de Lille
Bruno Cassette
Directeur général des services de la Métropole Européenne de Lille
Didier Decoupigny
Directeur général de l’Agence de développement et d'urbanisme de Lille Métropole
Catherine Guieu
Directrice générale adjointe du pôle Réseaux, services et mobilité-transports, Métropole Européenne de Lille
Dany Mackowiak
Directeur général adjoint du pôle Planification stratégique et gouvernance, Métropole Européenne de Lille

responsables scientifiques

Marc Dumont
Professeur des Universités, Université Lille 1 – TVES
Bénédicte Grosjean
Maître de conférences, École Nationale Supérieure d’Architecture de Lille – AUSser

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