La Métropole Aix-Marseille Provence, avec ses 92 communes et ses 1,8 millions d’habitants, est la plus étendue de France. Elle intègre des paysages naturels et agricoles, dont certains, comme sa façade maritime, l’étang de Berre ou les massifs et plaines de l’arrière-pays, sont exceptionnels. Ces paysages ont été identifiés comme une ressource et un levier de coopérations territoriales, qui doivent permettre d’améliorer l’attractivité et le cadre de vie métropolitain, mais aussi d’engager la transition écologique et énergétique.

Reconnaître, représenter et gouverner le paysage métropolitain
Agir sur le paysage implique d’en connaître les spécificités, de réfléchir au rôle qu’il peut jouer dans l’aménagement d’un territoire métropolitain et de l’avoir identifié comme un levier de l’action publique. La recherche vise, notamment par l’exploration in situ et la médiation artistique, à analyser les représentations des paysages, exceptionnels comme quotidiens, de la Métropole Aix-Marseille Provence et à évaluer si les collectivités territoriales peuvent s’appuyer sur ces représentations pour construire un « récit métropolitain », autorisant le partage de visions, valeurs et modes d’action. Dans le même temps, il s’agit de questionner la place du paysage dans les politiques publiques qui ont été ou sont actuellement mises en œuvre dans la métropole marseillaise, de façon à mieux comprendre pourquoi il n’est devenu que très récemment un objet investi par les discours et actions politiques.

Améliorer la résilience des paysages
Du fait du changement climatique, les paysages sont soumis à une accentuation des risques, qui peuvent dégrader les sols, les cycles de l’eau et la biodiversité, mais qui peuvent aussi avoir des effets en chaîne sur l’économie touristique, les infrastructures ainsi que les espaces industriels et habités. Il s’agit d’identifier si la prise en compte de ces risques peut déboucher sur la création d’usages nouveaux ou sur une meilleure valorisation des différentes ressources paysagères. Cette réflexion s’inscrit dans le contexte de l’extension des compétences métropolitaines à la gestion des milieux aquatiques et à la prévention des inondations, qui permet d’envisager le développement de modes de gestion intégrés s’appuyant sur l’aménagement des paysages. Ceux-ci favorisent-ils de nouvelles coopérations interterritoriales dans une métropole aussi vaste ? Comment contribuent-ils à la mise en œuvre de politiques de réciprocité ?

Interroger les ressources des paysages de la transition énergétique
La mise en œuvre de la transition énergétique implique d’importantes mutations paysagères, aussi bien du fait de la valorisation de ressources naturelles encore peu ou mal exploitées que du fait de nouvelles coopérations entre les territoires de production et de distribution de l’énergie. L’aménagement du territoire, aujourd’hui orienté par les énergies fossiles, est aussi appelé à se transformer, avec des effets encore difficilement mesurables sur les paysages. Dans ce contexte, la recherche vise à réfléchir aux nouveaux rapports que la transition énergétique introduit entre les habitants et les paysages, en documentant non seulement les paysages de l’énergie existants, mais aussi les lieux présentant des potentiels énergétiques sous-exploités.

Thèmes :  Modes de vie et pratiques habitantes / Ressources, paysages et métabolismes métropolitains / Changement climatique et transition énergétique

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