L’injonction à la durabilité et aux transitions écologiques implique, dans les métropoles, un renouvellement des modèles d’action et des formes urbaines. Au sein de Nantes Métropole, qui rassemble 24 communes et près de 640 000 habitants, ce constat s’est traduit par le développement de nouveaux outils de planification et de gouvernance, qui permettent de redessiner les contours des acteurs et des territoires impliqués dans l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie métropolitaine.

L’entrée en politique de l’alimentation
Les systèmes alimentaires métropolitains connaissent des évolutions, liées notamment aux habitudes des consommateurs et aux pratiques des producteurs, mais qui font aussi l’objet de processus d’institutionnalisation et de politisation. La recherche vise à explorer, dans le contexte de la mise en œuvre du Projet alimentaire territorial de Nantes Métropoles, la fabrique alimentaire des territoires par les pratiques habitantes et les initiatives des acteurs de terrain. D’une part, il s’agit de questionner la gouvernance alimentaire métropolitaine, en observant comment se construisent des politiques partagées entre différents types d’acteurs, y compris péri-métropolitains. D’autre part, le cas des cantines solidaires citoyennes, lieux de distribution souvent informels de nourriture à prix libre et habituellement destinés aux plus précaires, est étudié : l’analyse de leur fonctionnement et de leur déploiement dans l’espace métropolitain permet d’évaluer les manières dont elles peuvent être prises en compte par l’action publique.

Les transitions écologiques et énergétiques vues des habitants et acteurs associatifs
Le changement climatique et la transition énergétique impliquent un renouvellement des stratégies et des outils de la planification métropolitaine. Dans le même temps, on observe un épuisement des discours sur les vertus de la densification et sur la possibilité d’impulser par des politiques publiques ou des dispositifs techniques des changements de comportements. Pour dépasser cette contradiction, la recherche propose d’observer la contribution des habitants et des acteurs associatifs aux transitions écologique et énergétique, en s’intéressant à la fois à des expérimentations d’habitants autour de l’écoconstruction et à des initiatives pilotées par des acteurs associatifs ou collectifs dans les domaines de la production, de l’information ou de la mobilisation citoyenne. Ce relevé permet ensuite d’analyser les types d’échanges que ces acteurs « ordinaires » des transitions entretiennent avec les acteurs publics locaux et les acteurs industriels de l’énergie, ouvrant la réflexion sur le rôle de l’échelon local dans la transition énergétique.

Habitants et instructeurs dans la fabrique urbaine durable
Les formes urbaines produites au sein des métropoles évoluent avec les injonctions à la durabilité et aux transitions, du fait par exemple des stratégies de densification, de verdissement, d’amélioration de l’approvisionnement énergétique ou de réorganisation des mobilités dans l’espace public. Il s’agit d’observer ici le rôle que jouent les habitants et les acteurs de terrain de l’urbanisme dans la concrétisation de cette fabrique urbaine durable. Pour ce faire, la recherche propose d’analyser les contributions des habitants de Nantes Métropole lors de la consultation pour le nouveau Plan local d’urbanisme métropolitain, puis de saisir la perception que les élus et services métropolitains en ont. Parallèlement, il s’agit d’observer la place de la durabilité dans les négociations des professionnels de terrain de l’urbanisme, instructeurs de permis de construire et architectes-conseil notamment, avec les demandeurs d’un permis de construire, qu’ils soient des particuliers, des promoteurs ou des groupements porteurs de projets d’habitat participatif.

Thèmes : Modes de vie et pratiques habitantes / Changement climatique et transition énergétique / Santé et solidarités

Documents