Orléans Métropole est une intercommunalité rapidement passée du statut de communauté d’agglomération à celui de métropole et qui n’a pas de tradition de coopération institutionnalisée avec ses voisins. Rassemblant 22 communes et 280 000 habitants, elle porte un projet d’intensification de ses fonctions métropolitaines et de ses coopérations, notamment dans le domaine de la santé. Il s’agit d’évaluer si la métropolisation peut contribuer à l’amélioration de l’offre de santé et du bien-être de la population.

Le tissu local des praticiens de santé
Orléans Métropole manque de praticiens de santé, tandis que ses territoires semblent connaître une faible attractivité auprès de ces derniers, malgré des indicateurs socio-économiques positifs. Si ce déficit d’offre est en partie nourri par l’absence d’un centre hospitalier universitaire au sein de la métropole, il motive la réalisation d’un inventaire du tissu local des praticiens à même de souligner les principaux enjeux de développement de l’offre de santé. Il s’agit notamment de rendre compte d’éventuelles disparités spatiales dans la répartition des praticiens à l’échelle de l’aire urbaine orléanaise, mais aussi des évolutions socio-démographiques liées à ces métiers, comme la féminisation, le vieillissement ou le développement de l’exercice regroupé. Parallèlement, la recherche vise à interroger les effets de l’obtention du statut métropolitain sur l’attractivité d’Orléans auprès des jeunes médecins et à identifier leurs attentes en termes d’offres de service.

Les usagers de l’offre de soin
Il s’agit d’étudier les pratiques de santé des différentes catégories de population de l’aire urbaine orléanaise. En effet, du fait du manque prononcé de praticiens de santé dans le département du Loiret hors Orléans Métropole, l’offre de soin métropolitaine doit aussi satisfaire les besoins des habitants des périphéries. Il est aussi possible, par exemple, que les populations les plus aisées développent des stratégies spécifiques pour accéder à certains services de santé, notamment dans les agglomérations parisienne ou tourangelle. Enfin, l’innovation sociale et les développements technologiques peuvent contribuer à faire évoluer les pratiques de santé, notamment en lien avec l’habitat intergénérationnel ou les technologies de soin à distance. La recherche vise aussi à rendre compte des façons dont la métropolisation peut ou non contribuer au bien-être en ville, en envisageant ses effets sur l’alimentation, les pratiques agricoles, le développement des pratiques sportives, la résilience face aux risques et l’accidentologie.

Gouverner la santé
La création d’Orléans Métropole contribue à recomposer le système de gouvernance des politiques locales de santé. Il s’agit d’abord d’observer, à l’échelle de la métropole, comment les stratégies des communes en matière de santé, et notamment de maisons de santé permettant le rapprochement de praticiens, peuvent s’articuler. Il s’agit ensuite de questionner, à l’échelle de l’aire métropolitaine, les conditions de possibilité d’une stratégie coordonnée autour des politiques de santé. Des dispositifs de coopération préexistants, tels que la démarche InterSCOT, peuvent-ils être mobilisés pour ce faire ? Enfin, la recherche permet de s’interroger sur les rapports entre les collectivités territoriales et les acteurs privés et publics de l’offre de soin, dans la perspective de renforcer les solidarités territoriales autour des enjeux de santé.

Thèmes : Coopérations territoriales / Modes de vie et pratiques habitantes /  Santé et solidarités

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