L’Eurométropole de Strasbourg, composée de 33 communes et habitée par plus de 490 000 habitants, s’est développée à la confluence de cours d’eaux. Par conséquent, son port, source d’une intense activité industrielle et logistique, occupe une importante superficie du territoire métropolitain, qu’il contribue à relier, par différents réseaux, au reste du monde. Il peut jouer un rôle-clé dans l’affirmation du caractère métropolitain et transfrontalier de l’agglomération strasbourgeoise.

Représenter l’espace, les réseaux et les échanges de la métropole et de son port
D’abord circonscrit et adossé à la ville médiévale, le port de Strasbourg organise depuis le début du XXème siècle le rapport de la ville au Rhin, en ouvrant celle-ci à un vaste réseau fluvial et maritime. Il est aujourd’hui au cœur des échanges intra- et extra-métropolitains, grâce aux quatre grands corridors transeuropéens qui se croisent dans la métropole strasbourgeoise : Atlantique, Rhénan-Alpin, Mer du Nord-Méditerranée et Rhin-Danube. En mobilisant différents outils, au premier rang desquels des ateliers de projets architecturaux et urbains, un système d’information géographique transfrontalier ainsi que des cartographies comparatives, il s’agit de donner à voir la diversité des réseaux, des sites, des fonctions et des échanges liés à l’activité portuaire.

Le port de Strasbourg comme laboratoire des transitions métropolitaines
Le port de Strasbourg constitue une interface entre la ville et son environnement. Il est aussi un lieu de circulation et de transformation de différentes ressources. Enfin, il présente des espaces et des urbanités originales (espaces naturels sous-exploités, friches, hangars, nouveaux quartiers à proximité de l’activité portuaire, etc.), qui peuvent faciliter différents types d’expérimentation. Il apparaît ainsi comme un laboratoire des mutations métropolitaines contemporaines, en particulier des transitions vers la durabilité. L’étude du métabolisme portuaire permet notamment d’identifier des possibilités de développement d’une économie circulaire. À ces opportunités se superposent des risques, liés à la baisse des eaux du Rhin : la recherche vise, dans ce contexte, à identifier des leviers pour améliorer la résilience de la métropole et de son port.

Vers une affirmation de l’identité fluviale de la métropole
Le port et l’agglomération strasbourgeoise ont entamé, au cours des dernières décennies, un processus de rapprochement qui permet aujourd’hui d’envisager une meilleure fluidité des relations entre acteurs, qu’ils soient institutionnels ou industriels. Ce rapprochement a notamment permis une meilleure articulation entre les activités portuaires et le développement métropolitain, ce qui a rendu possibles d’importants projets urbains qui multiplient aujourd’hui les situations d’entre-rives, au cœur de l’Eurométropole, mais aussi auprès et au-delà de la frontière allemande. Dans le même temps, le rapprochement entre la ville et son port permet de réaffirmer l’armature hydrique du territoire par la renaturation des berges et canaux ou par l’enrichissement de l’activité portuaire par d’autres pratiques (location de bateaux de loisir, logistique fluviale, baignades urbaines, etc.). L’étude de ces nouvelles pratiques urbaines permet d’évaluer la pertinence d’un modèle métropolitain qualifié d’« archipélagique ».

Thèmes : Ressources, paysages et métabolismes métropolitains /  Relations transfrontalières /  Modèles économiques

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