Les petites villes - par « petites villes », il est entendu des unités urbaines comptant 3 000 à 20 000 habitants - sont des chaînons essentiels de l’armature urbaine française. Aux côtés des territoires ruraux, elles constituent la réalité quotidienne de nombreux ménages. Cependant, elles connaissent des difficultés en matière d’activité commerciale et économique, d’accès aux services publics, de consommation foncière ou encore de mobilisation de leurs ressources territoriales (agricoles, culturelles, sociales, etc.). Certaines disposent dans le même temps de capacités d’innovation, affichent de bons indicateurs globaux grâce à la mobilisation d’acteurs économiques fédérateurs, réorganisent leurs activités vers des modèles en circuits courts ou réinventent leurs territoires à travers leur patrimoine ainsi que des projets culturels et touristiques. Vulnérables ou inscrites dans des trajectoires solides, isolées ou sous influence métropolitaine, les petites villes recouvrent une extrême diversité de situations. Leur développement doit donc aujourd’hui être interrogé et analysé pour nourrir les réflexions des décideurs.

Inscrit dans le cadre de l’action gouvernementale en faveur de la redynamisation des petites et moyennes villes et en articulation avec notamment l’Action cœur de ville pilotée par le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) portant sur 222 villes moyennes et les Ateliers des territoires menés par la Direction Habitat Urbanisme et Paysage (DHUP), des ministères de la Transition écologique et solidaire et de la Cohésion des territoires, Popsu Territoires vise à nourrir les réflexions stratégiques des décideurs sur l’avenir de leurs territoires. Il s’agit d’un programme de recherche-action qui focalise son observation sur des cas d’étude dans les petites villes qui ne disposent pas – ou peu – d’ingénieries urbaines. Ces analyses de terrain ont pour but d’être des références mobilisables, par l’exemple descriptif comme par la théorisation.
Le programme propose ainsi une observation in situ à travers des études de cas approfondies pour tenter d’expliquer échecs et réussites, et proposer des pistes d’actions. L’appréhension informée et raisonnée de la « petite fabrique des territoires » par des études de cas ad hoc entend échapper à quatre dangers : le dogmatisme (théories préétablies), le technocratisme (les solutions avant les problèmes), le pointillisme (particularisme de toute situation), l’universalisme (explication totalisante).
Popsu Territoires aspire enfin à créer une dynamique de collaboration qui permette un enrichissement réciproque des élu·e·s, des acteurs professionnels de la ville, des concepteurs architectes et urbanistes, des chercheur·euse·s de diverses disciplines ou des citoyen·ne·s. Dans ce contexte, les recherches présenteront une méthodologie pour construire une démarche collaborative innovante, en tenant compte des modalités de gouvernance spécifiques à chaque territoire.

 

Des problématiques spécifiques en réponse à des enjeux globaux

Les thématiques et les terrains explorés dans le cadre de Popsu Territoires seront arrêtés par les chercheur·euse·s. Néanmoins, ils s’inscriront dans le cadre plus large des transitions démographiques, économiques, patrimoniales, environnementales, numériques ou sociales des petites villes. Ainsi, les enjeux liés à la dévitalisation des centres-villes (commerce, prise en compte de l’héritage architectural…), à l’évolution des usages et des modes de vie (nouvelles formes de travail, amélioration de la qualité du bâti et du cadre de vie), aux dérèglements climatiques (tels que les risques inondations, le recul du trait de côte…), au tourisme, aux mobilités ou encore à la gestion des ressources foncières (notamment agricoles), à l’économie circulaire, au réemploi des matériaux et à une meilleure gestion des déchets… pourront être interrogés. La question des choix des politiques publiques décidées par les municipalités, telles que l’ouverture de supermarchés périphériques contribuant à la désertification des centres-villes, et son corollaire, la question des modes de coopérations territoriales, pourront être posées. En tout état de cause, le questionnement s’inscrira dans les pratiques, usages et réflexions quotidiens des habitant·e·s et décideurs locaux et pourrait être « exemplifiée » par les questions suivantes : « Pourquoi la boulangerie a-t-elle fermée ? », « Pourquoi un atelier de maroquinerie de luxe s’est-il installé sur le territoire ? », « Pourquoi et comment tel évènement culturel s’est ancré dans le territoire et a fait évoluer son attractivité ?»

Des études de cas coproduites

Dans le cadre du lancement du programme, à la suite de la sélection des propositions par le jury, les chercheur·euse·s seront réunis.

Le travail de recherche se structurera autour de plusieurs phases :

>Un travail préalable d’enquête, effectué par un-e chercheur·euse ou une équipe de recherche permet de rassembler une documentation (réseau des protagonistes, documents diversifiés, éléments de contexte) et d’esquisser des analyses.

>A la faveur d’un séminaire organisé sur chacun des sites retenu, l’étude de cas est construite collectivement par les élu·e·s, les professionnels, les chercheur·euse·s. Le processus de coconstruction de l’étude de cas permet la création d’un circuit-court de production des connaissances et de diffusion de celles-ci entre chercheur·euse·s et décideurs. Le séminaire articule des analyses de sites avec le décryptage des enjeux du territoire, leur mise en débat et enfin leur mise en perspective vis-à-vis d’autres cas français ou étrangers.
La·le chercheur·euse ou l’équipe de recherche coordonnera l’organisation scientifique de séminaires en lien étroit avec les équipes du programme Popsu. Il·elle s’assurera de la construction collective de l’étude de cas et dans la mesure du possible, associera les habitant·e·s aux réflexions.
Les séminaires feront l’objet d’une restitution dont le format est souhaité dynamique et pédagogique (par exemple sous la forme d’un film) établi dans une perspective d’action publique. Le plan de valorisation sera discuté lors de la réunion de lancement du programme et fera l’objet d’un budget spécifique.

>Le séminaire est suivi d’un travail de validation, d’écriture, de mise en forme, afin de transformer une analyse de terrain en diagnostic pour identifier les potentiels et les mécanismes de changements.

>La valorisation du programme s’appuie dès lors sur ces études de cas publiées sous la forme d’un dossier pédagogique et de divers supports didactiques à destination des élu·e·s, de leurs services et d’un public informé mais non spécialiste.En parallèle des cas d’études, il pourra être lancé la recherche de pratiques innovantes sur d’autres petites villes, en France et à l’international. Il s’agit de valoriser des expériences réussies (une décision, une mutation, une évolution… tout ce qui participe au changement) à travers un guide d’expériences reconnues. Ces contributions assemblées après une procédure de choix des cas viendront alimenter le travail des chercheurs dans la montée en généralisation de leurs cas d’étude.

Organisation du programme et contacts

Voir page Gouvernance

Consultation

Consultation Popsu Territoires pour des projets de recherche-action

Séminaire de lancement POPSU Territoires - La recherche pour et avec les petites villes - 14/11/2018

Communiqué de presse 14/11/2018  : 6 projets lauréats pour le programme de recherche-action Popsu Territoires