Petite municipalité au tissu lâche et étendu, Briançon (12 000 habitants, située dans les Hautes-Alpes) est confrontée au défi de contenir son urbanisation et, pour cela, de mobiliser les espaces vacants à disposition. Elle appartient aux 222 villes retenues dans le cadre du plan national « Action cœur de ville » pour restructurer l’habitat et les espaces publics de centre-ville.

Le réinvestissement du patrimoine militaire

Depuis plusieurs années, les territoires ruraux subissent eux aussi les effets de la métropolisation. Comme l’a montré Lefebvre (1968), les politiques urbaines menées à partir des années 1960 ont conduit à un double phénomène d’explosion/implosion : les périphéries continuent à s’étendre, alors même que les centres historiques se dégradent et se dépeuplent. Suite à la fin de l’activité militaire en 2009, la municipalité de Briançon a orienté son économie vers le tourisme et réorganisé sa structure urbaine vers de nouvelles aires tertiaires, commerciales et résidentielles. Parallèlement, la ville ancienne – encerclée par les fortifications de Vauban (UNESCO) - est devenue le support de trois processus : la muséification ; l’abandon et la dégradation des tissus ; des modes d’habiter qui persistent et se renouvellent.

Une approche par le tiers foncier

Pour qualifier les espaces en attente d’affectation, une approche par le tiers foncier (Serre, 2017) permet d’expliquer le passage d’un foncier au statut déterminé à un foncier au statut indéterminé. Pour cela, le modèle est fondé sur l’analyse croisée de trois caractéristiques - la forme (bâti, non bâti), la propriété (public, privé) et les usages (pratiques, fonction) - et resitue la situation de vacance par rapport aux évolutions des modèles économiques et des orientations politiques locales et nationales. Le tiers foncier permet ainsi de révéler des situations d’entre-deux irrésolues : entre deux propriétés, entre maîtrise et permissivité, entre abandon et appropriation. C’est dans cette tension permanente entre espaces planifiés et espaces imprévus que la ville se fabrique et que les citadins évoluent. A Briançon, il s’agit de situations de vacance telles que les appartements situés dans le centre-ville ancien ou dans les copropriétés dégradées, les bâtiments abandonnés qui ne sont pas considérés comme ayant une valeur patrimoniale et qui se dégradent progressivement au sein de la trame bâtie et habitée, et les espaces libres de construction non affectés à une fonction précise.

Un diagnostic des tiers fonciers confronté aux acteurs

Dans ce contexte, cette recherche explore des modèles alternatifs de projet pour favoriser la coopération entre les acteurs locaux (institutions, professionnels, associations et habitants), visant à la rénovation des centres historiques de montagne. Pour cela, la recherche s’organise en trois temps. Il s’agit tout d’abord d’effectuer des relevés socio-spatiaux (état du bâti, modes d’occupation, analyse des situations foncières à partir du modèle du tiers foncier (Serre, 2017), puis de mettre en place des ateliers d’idées avec les acteurs locaux pour construire une image héritée de la vieille ville. Enfin, il s’agira de mener un atelier intensif de projet (étudiants et acteurs locaux) pour construire une image projetée. L’objectif final est d’identifier les ressources de la commune et leur potentiel de mutation, tant programmatique qu’architectural.

Equipe de recherche

Marion Serre (ENSA Marseille – Project[s]), responsable scientifique

Gabriele Salvia (ENSA Marseille – Project[s]), responsable scientifique

 

Elus

Gérard Fromm, Maire de Briançon

Aurélie Poyau, Conseillère départementale, maire adjointe à l’Urbanisme de la Commune de Briançon

professionnels

Laurence Deslandes, Responsable de l’Urbanisme de la Commune de Briançon

Evenements

  • 25-31/8 Centres anciens Architecture de demain

    Depuis plusieurs années, les territoires ruraux et de montagne subissent eux aussi les effets de la métropolisation. Comme l’a montré Henri Lefebvre (1968), les politiques urbaines menées à partir des années 60 ont conduit à un double phénomène d’explosion/implosion : les périphéries continuent à s’étendre, alors même que les centres anciens se dégradent et se dépeuplent (Razemon, 2016).

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