PLATE-FORME
D’OBSERVATION
DES PROJETS
DE STRATÉGIES URBAINES

Une dynamique métropolitaine à consolider

Il faut attendre le Plan Campus-2008- et l’élaboration du Schéma Directeur Universitaire 2010-2012 pour que prenne véritablement corps une coopération entre l’université de Lyon, représentée par le pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) et le Grand Lyon. Ce dernier y trouve une légitimité nouvelle par l’expertise qu’il apporte au PRES. Se pose néanmoins la question du leadership sur les orientations et prises de décisions concernant les aménagements universitaires urbains. L’analyse, par les chercheurs, des opérations d’aménagement universitaires antérieures met en évidence la figure du triangle, illustrant les liens privilégiés entre trois types d’acteurs : l’acteur politique (Grand Lyon et Région), l’acteur universitaire (PRES) et l’acteur socio-économique, en lien avec le poids historique d’activités économiques sur certaines parties de la ville (biotechnologies, santé …). Ce triptyque aurait constitué le moteur de la gouvernance en matière de stratégie d’implantation et de restructuration universitaire sur le site lyonnais. Un rôle très secondaire aurait été accordé aux aménageurs et aux urbanistes, qui ne font pas partie de la configuration précitée.

 

Et les étudiants ?

Les chercheurs soulignent une situation très difficile concernant le logement étudiant. À quelques exceptions près, cette préoccupation avait été peu prise en compte dans les projets antérieurs, et insuffisamment dans le précédent Programme Local de l’Habitat. Si ce constat peut surprendre pour une ville et une région affichant des ambitions internationales, le rattrapage est désormais amorcé et devrait se poursuivre, d’autant qu’il figure comme objectif affiché de la révision en cours du PLU. L’accueil des étudiants étrangers est rendu difficile par le brouillage informationnel et communicationnel émanant des établissements eux-mêmes. Les étudiants jugent les présentations des établissements d’enseignement supérieur et de leur environnement, trop « touristique » et déconnectée des contraintes de la vie réelle locale. Les parties prenantes font une suggestion : pourquoi ne pas laisser les activités de découvertes de la ville aux professionnels du tourisme et faire de la construction de la présentation de l’Université dans la Métropole, l’objet même d’un parcours professionnalisant, donnant accès au diplôme ?

 

Des partenariats à renforcer

Dans le domaine des formations aux activités créatives, les chercheurs relèvent d’insuffisantes connexions entre formation supérieure et monde professionnel. Ainsi, seules 10% de ces formations sont en partenariat direct avec le monde économique, 16% sont multi partenariales mais aucune ne semble en lien direct avec les collectivités territoriales, alors que dans de nombreux autres domaines, les partenariats sont étroits et les travaux menés conjointement.

 

Côté Gares

Malgré les atouts des territoires accueillant les gares périphériques dans l’agglomération lyonnaise (disponibilités foncières en contexte urbain dense, connexion rapide à la commune centre), ces dernières sont aujourd’hui, selon les contextes urbains, à l’écart des dynamiques communales, à la fois en termes d’usage (peu de passagers) et de programmation (priorité actuelle à la revitalisation des centres bourgs). Si la SNCF et la Région travaillent à l’amélioration de leur desserte, le train express régional (TER) dans les franges de l’agglomération est encore insuffisamment identifié comme offre alternative au réseau routier congestionné ou complémentaire des transports en commun urbains. Les maires sont eux pris dans des contraintes d’équilibre territorial de plus court terme à l’échelle de leur commune.

Si le discours porté sur les gares, comme lieux stratégiques d’aménagement durable du territoire, est en passe de devenir structurant à l’échelle de l’aire métropolitaine lyonnaise, ce modèle de développement reste encore à construire au niveau local.

Equipe de recherche

Responsable scientifique
Paul Boino, professeur en urbanisme et aménagement, Institut d’urbanisme de Lyon, Université Lumière Lyon 2, UMR 5206 Triangle

« Économie de la connaissance »
Paul Boino, Christophe Parnet, Renaud Payre, Gilles Pollet, Valérie Colomb, François Tran, Vincent Veschambre, Bernard Bensoussan, Sarah Cordonnier, Philippe Chaudoir
« Gares et pôles d’échanges »
Roelof Verhage, Aurélie Delage